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La crise alimentaire vue de ZINDER (République du Niger)

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Deux membres de l'association RANA sont partis le 13 juillet 2010 au Niger : Pierre et Angèle. Voici leurs premières impressions sur la situation alimentaire.

Loin des analyses, qui bien sûr, sont nécessaires, loin des propositions de solutions qui sont de toutes façons, insuffisantes, voire inopérantes, illusoires, inapplicables ou le plus souvent détournées, nous chercherons à décrire certains aspects  de ce que l'on nomme maintenant une : « crise alimentaire ».

Celle qui frappe aujourd'hui un grand nombre de nigériens est particulièrement dure et cruelle. Elle résulte comme toujours d'un certain nombre de déficits : pluviométrie en baisse, terres arables qui s'appauvrissent ou qui disparaissent de par l'avancée du désert, récolte insuffisante, agriculteurs non formés, totalement sous équipés, etc. Ces pénuries  font grimper les prix de façon vertigineuse et la nourriture devient inaccessible pour une grande partie de la population.  Toutefois, il est bien difficile de chiffrer exactement les manques concernant les denrées de base. Ce que l'on sait, c'est qu'il n'y a pas de corrélation entre le pourcentage du déficit de nourriture et les prix pratiqués. Par exemple, une récolte déficitaire de 15% peut faire grimper les prix de 50%.

Imaginez ce que peut être le supplice de ces pères ou mères de famille qui ont la faim au ventre du matin au soir, ainsi que tous leurs enfants, et qui voient des épiceries remplies de produits inatteignables.

Très concrètement voici un aperçu des prix constatés en juillet à Zinder avec en regard les prix habituellement pratiqués (convertis en euros pour plus de lisibilité)

Prix habituels Prix actuels (07/10) Inflation
Une mesure de mil (pour 4-5 personnes/un repas) 0,60 euro 1 euro 60%
Un litre d’huile d’arachide 1,10 euros 2 euros 80%
Un sac de riz (basse qualité) de 25kg 16 euros 19,80 euros 24%
Un kg de bœuf 3 euros 3,80 euros 27%
Un gigot de mouton 7,60 euros 11,40 euros 53%
Un poulet (petit) 2,20 euros 3,80 euros 71%

 

Par rapport à ce que nous avions noté précédemment (depuis le mois d'Avril), nous constatons que le prix du mil s'est stabilisé et que, dans les denrées de base, seules les pâtes alimentaires ont conservé leurs prix de base. Il faut aussi rapporter ses prix au revenu par habitant qui est de moins de 1 dollar par jour.

Il est utile également de noter que l'inflation galopante sur les denrées n'est pas due à un effondrement de la monnaie, le franc CFA est en effet aligné sur l'euro de façon mécanique(1).

Pour le reste, la situation semble empirer, en effet de nombreux témoignages directs font état de troupeaux très affaiblis ou décimés par la sécheresse et donc le manque de pâturages. Un berger que nous connaissons depuis des années nous a dit que l'an dernier son troupeau comptait 1600 têtes, aujourd'hui, il n'en a plus que 1100.(2). Cette même personne nous a affirmé qu'on a égorgé au marché du bétail  à Zinder 40 bêtes tellement faibles qu'elles étaient incapables de se lever pour monter sur un camion. C'est  une fois mortes qu'elles ont été transportées vers le Nigéria. On imagine la qualité de cette viande et le peu d'argent que les éleveurs peuvent en tirer.

D'autre part, et il semble que cela soit la première fois que cela arrive depuis plus de 60 ans, des chameaux sont morts de faim. Quand on sait que ces bêtes sont capables de jeûner durant un mois on comprend mieux la gravité de la situation.

Enfin, comme toujours dans ce genre de situation, les enfants sont les premières victimes de cette crise, affaiblis par une nourriture rare et carencée, ils sont atteints de diverses  pathologies qui les emportent  souvent.

Nous allons dans les jours qui viennent essayer de compléter, de préciser nos informations. Malheureusement, nous avons peur que le pire se confirme, la famine, la crise alimentaire, peu importe le nom que l'on donne à cette abomination, fait son œuvre silencieuse de souffrance et de mort...


(1) Un euro = 655,957 francs CFA (ce qui correspond aux « anciens francs »)

(2) Les bêtes n'appartiennent pas au berger, elles lui sont confiées par de très nombreux petits éleveurs

Voir l'article précédent : La crise alimentaire 2010 au Niger.

 

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